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Mardi 5 mai 2 05 /05 /Mai 15:27

Par lounes ajennad - Publié dans : culture - Communauté : La communauté des communautés
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Dimanche 3 mai 7 03 /05 /Mai 18:09
Marguerite-Fadhma Aït Mansour Amrouche (1882 à Tizi Hibel en Kabylie - 1967 en Bretagne), mère des écrivains Jean Amrouche et Taos Amrouche, a été une poète, écrivain Kabyle.
La mère de Fadhma, Aïni Aïth Larbi Ou-Saïd, née dans les environ de Touarit Moussa en Haute Kabylie, est d'abord mariée très jeune à un homme beaucoup plus âgé, avec qui elle a deux enfants. À la mort de son mari, Aïna décide de vivre seule avec ses deux enfants, et refuse l'offre de son frère Kaci de venir habiter chez sa mère, comme c'est de coutume. Alors son frère la renie : écartée de la famille, elle ne peut même pas assister aux funérailles de sa mère. Aïni et un homme de son voisinage, qui s'avère être de la même famille que son ancien mari, tombent amoureux. Pas encore mariée, Aïna tombe enceinte. L'homme, déjà fiancé avec une autre femme d'une famille importante, refuse de reconnaître la paternité. Aïni est exclue de la "communauté", et accouche seule dans sa maison de Tizi Hibel, avec ses deux jeunes enfants.

Dans ce contexte, naît Fadhma Aït Mansour, fille illégitime de mère veuve. Dans son enfance, au village, elle subit la méchanceté des villageois, avec de nombreuses violences. En 1885, sa mère la confie aux Soeurs des Ouadhias : elle y est persécutée par les religieuses. Sa mère se remarie. En 1886, Fadhma entre au pensionnat laïque de Taddert Ou-Fella près de Fort National. Elle passe son certificat d'études en 1892. Elle retourne ensuite à son village près de sa mère, qui lui apprend les coutumes et les savoirs traditionnels, notamment des chants et poèmes kabyles. Lorsque sa mère meurt, elle quitte définitivement son village, et part travailler à l'hôpital des chrétiens de Ait Manguellet. Les Sœurs blanches, catholiques, ont une grande emprise sur elle, et finissent par la convertir. Elle reçoit plus tard le nom catholique de Marguerite.

Elle rencontre un autre kabyle catholique converti, originaire d'Ighil Ali en Basse Kabylie, Antoine-Belkacem Amrouche, avec qui elle se marie, alors qu'elle a seulement 16 ans et lui 18. Ils ont ensemble huit enfants: Paul-Mohand-Said (1900-1940), Henri-Achour (1903-1958), Jean-El-Mouhoub (1906-1962), Louis-Marie (1908-1909), Louis-Mohand-Seghir (1910-1939), Marie-Louise-Taos (1913-1976), Noël-Saadi (1916-1940) et René-Malek (1922-). La famille Amrouche, après avoir habité quelque temps à Ighil Ali chez les beaux-parents de Fadhma, s'installe à Tunis en Tunisie. Fadhma y passe la majeure partie de sa vie, mais ne cesse de penser à sa Kabylie natale : « J’étais toujours restée en Kabylie, malgré les quarante années que j’ai passées en Tunisie, malgré mon instruction foncièrement française…»

En 1930, elle entreprend, avec sa fille Taos et son fils Jean, l'écriture et la traduction en français de ces chants berbères, conservés jusque là par la tradition orale. Belkacem, son mari, meurt la nuit du 27 décembre 1958. Elle subit de nombreux autres décès dans sa famille, et compose elle-même des poèmes pour ces enfants partis trop tôt. Ces contes sont mis à l'honneur dans les Chants berbères de Kabylie de Jean Amrouche en 1939. Ils sont également repris en partie dans Le Grain magique par sa fille Taos Amrouche, publié en 1966. Fadhma décède le 9 juillet 1967 à l’hôpital de Saint-Brice-en-Coglès en Bretagne (France), à l'âge de 85 ans.

En 1968, son autobiographie Histoire de ma vie est publiée à titre posthume. À travers ce récit, Fadhma peint le combat de la femme kabyle du XXe siècle, sa place entre la Kabylie, sa langue et la langue de l'empire colonial, dans cette société kabyle qui lui impose de nombreuses contraintes, sa religion, pourtant exercée discrètement, mais qui la force à l'exil, les coutumes au nom desquelles cette même société l'exclut, en la punissant durement déjà avant même sa naissance, mais aussi cette culture berbère, et ses chants folkloriques qui lui « avaient permis de supporter l'exil et de bercer sa douleur. »
Par lounes ajennad - Publié dans : culture - Communauté : La communauté des communautés
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Dimanche 3 mai 7 03 /05 /Mai 18:06
Mouloud MAMMERI (Dda Lmulud At Maâmmer), une des figures les plus emblématiques de la culture et de la langue amazighes, est né le 28 décembre 1917 à Taourirt Mimoun, dans la région des Ath Yanni en kabylie.

Il fréquenta l'école primaire de son village ( At -Yenni ). "Je me souviens que j'allais à l'école pieds nus dans la neige", raconte-t-il. A onze ans, il part chez son oncle à Rabat et il entre au lycée Gouraud. De retour à Alger, quatre ans plus tard, il est inscrit au lycée Bugeaud. Ensuite, c'est le lycée Louis Le Grand, à Paris. Il pense alors à l'Ecole Normale Supérieure. Mobilisé en 1939, il est à l'école militaire de Cherchell d'où il sort avec le grade d'aspirant de réserve. Remobilisé en 1942, il participe aux compagnes d'Italie, de France et d'Allemagne. Au retour, il passe le concours de professorat de lettres à Paris et se retrouve enseigner les humanités et la littérature française aux lycées de Médéa puis de Ben Aknoun. A partir de 1947-48, malgré les critiques, il anime plusieurs conférences devant des auditoires constitués d'étudiants algériens et nord-africains.

Puis éclate la guerre de Libération, Da Lmulud ( Mouloud Mammeri ) met sa plume au service de la révolution algérienne, dans le journal "L'Espoir d'Algérie" qui était le journal des libéraux algériens, et signât ses éditoriaux du pseudonyme de Brahim Bouakkaz.

Il fera entendre la voix des Algériens opprimés à travers ses lettres adressées à l'ONU ( entre 1956-1957 ) sous le pseudonyme de Kaddour, dans lesquelles il dénonce les exactions coloniales. Durant la bataille d'Alger en 1957, Da Lmulud compose une pièce de théâtre "Le fœhn" mais il est contraint de détruire son manuscrit. Menacé de mort, trois membres de sa famille ayant déjà été arrêtés, il quitte l'Algérie pour se réfugier au Maroc.

Da Lmulud rentra du Maroc en 1962, professeur d'ethnographie à l'université d'Alger où il enseigne en parallèle le berbère ( bien qu'aucun texte officiel n'autorisât ces cours et qu'aucun texte ne l'interdît, "on" y mit cependant fin en 1973 ) et directeur du CRAPE ( Centre de Recherches Anthropologiques, Préhistoriques et Ethnographiques ) à Alger de 1969 à 1979, Da Lmulud a été également à la tête de l' UEA ( Union des Ecrivains Algériens, fondée en 1963 ) jusqu'en 1966 - 67.

Cible d'une compagne de diffamation à laquelle il ne lui est pas permis de répliquer par voie de presse (voir notre article : Les donneurs de leçons, in El-Moudjahid du 20 mars 1980 ). Da Lmulud fait parvenir une réponse que le journal ne publiera jamais. Cette mise au point, publiée plus tard par Le Matin de Paris – 1980 et Amazigh Revue ( Rabat - Maroc ) 1980, donne des précisions relatives à l'interdiction par les autorités locales de Tizi-Ouzou de la conférence qu'il devait donner à l'université de cette dernière à l'initiative des étudiants sur "La poésie kabyle ancienne"; cette interdiction deviendra le déclic du printemps Berbère.

En 1985, il a lancé à Paris avec le soutien de Pierre Bourdieu le CERAM ( Centre d'Etude et de Recherche Amazighes ) et dirigé les Cahiers d'études berbères Awal et le 6 mai 1988, Da Lmulud prononce un discours sous le titre : "Un testament, peut-être…" lors de sa réception à l'université de Paris-X – Nanterre comme docteur honoris causa. Il dit : " Les études pour lesquelles j'étais venu portaient un nom qui a fini par avoir parfum de vielle dentelle : Les ' Humanités ' ".

Mouloud Mammeri s'éteint dans la nuit du 25 au 26 février 1989. Da Lmulud a été fidèle aux voix ancestrales, à l' "éternel Jugurtha " et aux causes justes. Il a été, sa vie durant, un ardent défenseur et illustrateur de la conscience amazighe, de la conscience nationale, humaine même.
Par lounes ajennad - Publié dans : culture
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Dimanche 3 mai 7 03 /05 /Mai 18:05
Le plus célèbre roi amazigh de l'Antiquité
Massinissa, dont le nom était transcrit MSNSN sur les stèles libyques -à lire probablement mas n sen "leur seigneur"- était le fils du roi Gaïa.
On connaît très peu de choses de Gaïa mais on sait que sous la direction de ce souverain, le royaume massyle avait commencé à atteindre un haut degré de civilisation, mais Syphax, le roi des Massaessyles rivaux, n'avait pas cessé de le harceler, s'emparant, à chaque fois qu'il le pouvait, de ses villes et territoires. Rome soutenant Syphax, Gaïa s'était allié aux Carthaginois. Il leur fournit, en échange de leur protection, des troupes que le jeune Massinissa commanda en
Espagne, à partir de 212 ou 211 avant J.C. jusqu'à l'automne 206, avec de fréquent: voyages en Afrique. La guerre ne tarda pas à tourner en faveur des Romains. Les Carthaginois, battus à Ilipa, perdirent leurs possessions en Méditerranée. Le général Scipion qui commandait l'armée romaine en Espagne, songeait à porter la guerre en Afrique, mais il voulait, auparavant s'assurer le soutien des royaumes numides. Il avait déjà gagné l'amitié de Massinissa, avec lequel il avait passé accord secret, puis il se rendit en Afrique pour tenter de convaincre Syphax de joindre à l'alliance. Mais le roi massaessyle, ayant eu vent de l'accord avec Massinissa, s'était déjà rapproché de Carthage.

Gaïa mourut cette année là et la royauté passa, la règle de succession des royaumes amazighs, au mâle le plus âgé de la famille, son frère Oezalcès. Celui-ci ne tarda pas à mourir à son tour. Un de ses fils, Capusa, lui succéda un homme sans envergure qui vit aussitôt se dresser contre lui un certain Mazetul qui devait appartenir à une à une branche rivale de la famille. Capusa fut tué au cours d'un combat mais Il ne prit pas le titre de roi. Il le conféra au frère de Capusa, Lacumazes, qui était un enfant. Or le trône devait revenir cette fois-ci à Massinissa, devenu l'aîné des enfants de la famille. Le jeune homme, se sentant lésé, quitta l'Espagne, avec une troupe de cavaliers, décié à faire valoir ses droits.

Lucamazès appela Syphax à son secours. Le puissant roi massaessyle chassa Massinissa mais, en retour, il annexa le royaume massyle.

Massinissa, réfugié dans les montagnes, avec une poignée de fidèles, connut une vie de proscrit. Il ne continua pas moins à harceler ses ennemis et les hommes de Syphax ne réussirent pas à venir à bout de lui.

Son heure arriva quand Scipion, décidé à en finir, avec Carthage, débarqua en Afrique. Le rusé Romain essaya une nouvelle foi, d'attirer Syphax jetant de nouveau l'alliance proposée, il se tourna de nouveau vers Massinissa, Les premiers combats tournèrent en faveur des deux alliés Ces derniers, encouragés par leurs succès, s'attaquèrent à Uttique, place forte carthaginoise, mais l'intervention de Syphax, les obligea à se retirer. ils prirent leurs quartiers d'hiver et Scipion, en cachette de Massinissa, entra de nouveau en contact avec Syphax. Faute de le détacher des Carthaginois, il lui demanda de proposer une solution pour mettre fin au conflit entre Rome et Carthage. Syphax proposa que les Carthaginois évacuent l'Italie, où ils sont en campagne, en échange les Romains quitteraient l'Afrique. Si le général Asdrubal, qui commandait les Carthaginois accepta l'offre, Scipion, qui voulait en fait la reddition pure et simple de la Cité punique, la rejeta.



Massinissa et Scipion reprirent leurs attaques, obligeant cette fois-ci les troupes puniques à se replier sur Carthage. Syphax, lui, ne voulant pas perdre plus d'hommes, se retira dans son royaume.
Les Carthaginois, comprenant que les Romains ne leur laisseraient pas de répit, décidèrent, après avoir adopté une attitude défensive, de passer à l'offensive. Ils levèrent une forte armée qui, rejointe par Syphax, donna l'assaut. Ce fut la bataille des Grandes Plaines (avril 203 avant J.C) qui s'acheva par la victoire des forces coalisées de Massinissa et de Scipion.
Il y eut un répit au cours duquel chaque camp reconstitua ses troupes, puis la guerre reprit. Un combat s'engagea entre Massinissa et Syphax, et ce dernier, entouré par de nombreux soldats, était sur le point de l'emporter, quand l'armée romaine intervint. Jeté à terre, Syphax fut arrêté. On l'enchaîna et on le conduisit sous les murs de Cirta qui, voyant son roi en piteux état, décida de se rendre. Massinissa, après plusieurs années d'errance, put ainsi reprendre le royaume de ses pères.
Carthage, vaincue, fut obligée de signer une paix qui la priva d'une grande partie de ses territoires et de sa flotte. Le retour de Hannibal, qui avait mis fin à la campagne d'Italie, souleva les espoirs de la Cité.Un incident rompit bientôt la paix et la guerre reprit.

Hannibal s'allia à Vermina, le fils et successeur de Syphax et, ensemble, ils envahirent le royaume des Massyles. Massinissa et Scipion les rejoignirent à Zama (soit l'actuelle Souk Ahras, en Algérie, soit Jama, en Tunisie) et une grande bataille s'engagea (202 avant J.C). Le choc fut rude et il y eut des pertes des deux côtés, puis la bataille tourna à l'avantage de Massinissa et de Scipion. L'historien latin Tite-Live fait un récit très imagé de cette bataille :
"Un combat singulier s'engage entre Massinissa et Hannibal. Hannibal pare un javelot avec son bouclier et abat le cheval de son adversaire. Massinissa se relève et, à pied, s'élance vers Hannibal, à travers une grêle de traits, qu'il reçoit sur son bouclier en peau d'éléphant. Il arrache un des javelots et vise Hannibal qu'il manque encore. Pendant qu'il en arrache un autre, il est blessé au bras et se retire un peu à l'écart... Sa blessure bandée, il revient dans la mêlée, sur un autre cheval. La lutte reprend avec un nouvel acharnement, car les soldats sont excités par la présence de leurs chefs. Hannibal voit ses soldats fléchir peu à peu, certains s'éloignent du champ de bataille pour panser leurs blessures, d'autres se retirent définitivement. Il se porte partout, encourage ses hommes, abat par-ci, par-là ses adversaires, mais ses efforts demeurent vains. Désespéré, il ne pense qu'à sauver les restes de son armée. Il s'élance en avant, entouré de quelques cavaliers, se fraie, chemin et quitte le camp de bataille. Massinissa qui l'aperçoit se lance avec son groupe derrière lui. Il le presse, malgré la douleur que lui cause sa blessure, car il brûle de le ramener prisonnier. Hannibal s'échappe à la faveur de la nuit dont les ténèbres commencent à couvrir la nature."
Carthage fut de nouveau contrainte à négocier. Mais le précédent traité fut révisé et la cité punique dut restituer à Massinissa tous les territoires qui avaient été arrachés à ses ancêtres. Hannibal se révolta et essaya de s'opposer au traité mais menacé d'être livré aux Romains, s'enfuit en Syrie où il se suicida en 143 avant J.C.

Après la bataille de Zama, Massinissa vécut encore de nombreuses années. Il garda sa vie durant l'amitié de Rome mais il ne fut pas son vassal et, contre ses appétits impérialistes, déclara, dans une formule célèbre, que l'Afrique appartenait aux Africains. Il récupéra non seulement les territoires que lui accordait le traité passé avec Carthage mais aussi de nombreuses villes régions sous l'autorité des Carthaginois ou Vermina, le fils de Syphax. De 174 à 172, il occupa soixante dix villes et forts !

L'oeuvre sociale et politique de Massinissa fut aussi grande que son oeuvre militaire. Il sédentarisa les amazighs, il les unifia, il édifia un Etat Numide puissant et le dota d'inscriptions, inspirées de celles de Rome et de Carthage. Il fit une monnaie nationale, entretint une régulière et une flotte qu'il mit parfois au de ses alliés romains.



Massinissa qui était un rude guerrier, encouragera la littérature et les arts, envoya ses enfants étudier en Grèce et reçut à sa cour de nombreux écrivains et artistes étrangers. C'était un homme courageux, qui garda jusqu'à un âge avancé, une grande vigeur. Il pouvait rester une journée entière à cheval et, comme le dernier de ses soldats, supporter toutes les privations. Il avait quatre vingt huit ans quand il commanda une bataille contre les Carthaginois. Le lendemain, Scipion Emilien le trouva debout, devant sa tente, mangeant un morceau de galette, qui formait son repas.
Mais il savait aussi se comporter en souverain raffiné, portant de riches vêtements et une couronne sur la tête, donnant, dans son palais de Cirta, des banquets où les tables étaient chargées de vaisselle d'or et d'argent et où se produisaient les musiciens venus de Grèce.

Massinissa avait combattu les Carthaginois mais il ne dédaigna guère la civilisation carthaginoise, dont il sut tirer avantage. La langue punique fut sage courant dans sa capitale où on parlait également, en plus du amazigh, les langues grecque et latine.


Il eut plusieurs épouses et un nombre considérable dont quarante trois mâles. La plupart disparurent avant lui mais il en resta, à sa mort, une dizaine. Il aimait les enfants et il gardait autour de lui ses petits-enfants. Un marchand grec, étant venu acheter des singes en Numidie, pour distraire les riches, il dit "Les femmes de votre pays, ne vous donnent-elles pas des enfants ?"

Massinissa fut célèbre dans tous les pays de la Méditerranée et l'île de Delos, en Grèce, lui éleva trois statues. Vers la fin de sa vie, il voulut s'emparer de Carthage pour en faire sa capitale. Les Romains qui redoutaient qu'il n'acquière une puissance encore plus grande que celle des Carthaginois et qu'il ne se retourne contre eux, s'opposèrent à ce projet. Caton, attirant l'attention sur le danger que représentait Massinissa, lança sa célèbre formule: "Il faut détruire Carthage! "
Ce fut de nouveau la guerre en Afrique et, après d'âpres combats, Carthage fut livrée aux flammes, puis au pillage. Les survivants furent réduits en esclavage et la ville fut entièrement rasée (149 avant J.C). Massinissa, mort quelques temps plus tôt, n'avait pas assisté à la chute de la ville convoitée. Ses sujets, qui l'aimaient, lui dressèrent un mausolée, non loin de Cirta, sa capitale, et un temple à Thougga, l'actuelle Dougga, en Tunisie.
Par lounes ajennad - Publié dans : culture - Communauté : La communauté des communautés
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Dimanche 3 mai 7 03 /05 /Mai 18:04
Jgurtha est le petit-fils du roi numide Massinissa dont le tombeau se trouve à Cirta (actuelle Constantine) et qui fut un grand allié de Rome durant les guerres puniques (il recevra le titre d'« ami de Rome »). Son père est Mastanabal, frère de Micipsa, tandis que sa mère est une esclave concubine. Comme il s'agit d'un successeur potentiel — le fils légitime de Mastanabal, Gauda, étant maladif —, Micipsa, roi de Numidie à l'époque, veut se débarrasser de Jugurtha en l'envoyant en Hispanie (actuelle Espagne) combattre avec les troupes auxiliaires de l'armée romaine. Jugurtha se montre brave et courageux et les armées numide et romaine sont victorieuses à Numance. Jugurtha se fait beaucoup d'amis à Rome — non seulement grâce à sa valeur mais aussi, quand il le faut, grâce à son argent — et c'est peut-être suite à des pressions des Romains que Micipsa finit par l'adopter trois ans avant sa mort, ce qui en fait l'un des héritiers du pouvoir. Après sa mort, le royaume est partagé entre ses fils Adherbal et Hiempsal et son fils adoptif Jugurtha.

Jugurtha, qui ne veut pas voir le royaume de Numidie divisé de cette manière, n'accepte pas la décision du sénat numide. En outre, ses cousins ne l'apprécient guère et ne se privent pas de railler son ascendance peu glorieuse. La même année, Jugurtha fait assassiner Hiempsal, le plus jeune des deux frères. Le sénat ne paraît pas offusqué par cet étrange décès et la Numidie est alors partagée entre Adherbal et Jugurtha. Les deux hommes continuent néanmoins à se faire la guerre jusqu'en 113 av. J.-C., date à laquelle Adherbal est assassiné par Jugurtha. En outre, ce dernier s'empare aussi de la cité de Cirta, massacrant les commerçants romains qui s'y trouvent. Rome accepte mal que ses ressortissants se soient fait massacrer ainsi et n'apprécie guère le fait que Jugurtha veuille mettre en place un royaume de Numidie fort et uni. Le consul Calpurnius est alors envoyé en Afrique du Nord et le conflit dure jusqu'en 111 av. J.-C. (date à laquelle Jugurtha accepte de faire la paix).

À Rome, les avis sont divisés sur la question numidienne : les optimates considèrent que la Numidie doit rester un royaume indépendant, les populares considérant au contraire que la Numidie est une propriété du peuple romain. Jugurtha est alors convoqué devant le Sénat romain. C'est alors que le consul Postimius Albinus propose de régler le problème en donnant la couronne à Massiva, un cousin de Jugurtha. Ce dernier tue alors Massiva puis s'enfuit. Les hostilités reprennent alors. Postimius Albinus ayant été vaincu par Jugurtha à la bataille de Calama, il est remplacé par un nouveau consul, Quintus Caecilius Metellus qui gagnera son surnom de Numidicus au cours de cette guerre. Ce dernier est secondé par le consul Caius Marius soutenu par les populares (Caecilius Metellus étant le patron de Marius). Caecilius Metellus sort victorieux, s'emparant des villes de Zama et Thala et repoussant Jugurtha en Maurétanie. Cependant, il est relevé de son commandement en 107 av. J.-C. au profit de Marius. Ce dernier remporte alors de nouvelles victoires contre Jugurtha à Cirta et à Capsa (actuelle Gafsa).


Jugurtha emprisonné par les Romains : gravure provenant d'une édition espagnole du Bellum Iugurthinum (La Guerra de Jugurta por Cayo Salustio Crispo) imprimée à Madrid par Joaquin Ibarra en 1772Par la suite, en 105 av. J.-C., Jugurtha est capturé par son beau-père Bocchus, roi de Maurétanie, qui accepte de le livrer à Rome[2]. Finalement, Bocchus reçoit le titre d'« ami de Rome » et la Numidie n'est pas annexée. Elle est cependant étroitement surveillée en devenant un royaume client de Rome. Les Romains placent Gauda sur le trône, étant donné qu'il est le fils légitime de Mastanabal. Marius est alors réélu consul en 105 av. J.-C. puis reçoit les honneurs du triomphe lorsqu'il retourne à Rome. Quant à Jugurtha, il meurt — sans doute étranglé — en captivité dans la prison de Tullianum vers 104 av. J.-C.

Le conflit entre Rome et le roi numide nous est surtout connu grâce à la Guerre de Jugurtha (Bellum Jugurthinum) de l'historien romain Salluste.
Par lounes ajennad - Publié dans : hitoire
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